mercredi, septembre 2, 2026
1er Portail des professionnels QHSE au Maroc.Magazine, Actualités, Guides, Formation et réglementation QHSE au Maroc.Services : Accompagnement QSE, Ingénierie de formation, Audits, Formations et conformité réglementaire.

Formation conduite d’engins au Maroc

Un engin ne pardonne pas la seconde d’inattention, et il ne blesse presque jamais son conducteur. Il écrase un piéton dans un angle mort, il bascule sur un sol qu’on croyait portant, il fait tomber une charge sur l’équipe d’à côté. C’est la particularité de ce risque : celui qui commet l’erreur n’est pas celui qui la paie. Cette formation s’adresse donc autant à vos conducteurs qu’à ceux qui organisent la circulation autour d’eux.

Durée 1 ou 2 jours, définie avec vous selon les familles d’engins visées et le niveau du groupe
Public Conducteurs de chariots élévateurs, de nacelles, de chargeuses, pelles, tombereaux, compacteurs, chariots de manutention et engins de chantier ; chefs de manœuvre, chefs de chantier, encadrants et responsables HSE
Modalité En présentiel ou à distance ; la conduite, les manœuvres et l’évaluation pratique exigent le présentiel
Format Intra-entreprise sur votre site, ou inter-entreprises
Langue Français ou arabe dialectal selon le groupe
Cadre légal Articles 281 et 287 du Code du travail (loi n° 65-99) ; décret n° 2-22-630 ; arrêtés n° 1281-18 et n° 1282-18 du 15 mars 2018 ; arrêté viziriel du 9 septembre 1953, articles 33 à 36 ; arrêté n° 93-08, articles 1er, 3 et 34
Sanction Attestation de fin de formation, évaluation théorique et pratique, et avis formalisé transmis à l’employeur pour chaque participant et chaque famille d’engins — le document sur lequel vous fondez votre autorisation de conduite

Ce que cette formation délivre — et ce qu’elle ne délivre pas

Le point mérite d’être posé d’emblée, parce que le marché marocain entretient deux confusions coûteuses.

Première confusion : le CACES. Le certificat d’aptitude à la conduite en sécurité est un dispositif français, adossé aux recommandations de l’assurance maladie française. Il n’a aucune valeur réglementaire au Maroc, et aucun organisme marocain non habilité ne peut le délivrer. Un prestataire qui vous vend « le CACES » sans être testeur habilité vous vend un document décoratif. Nous ne le délivrons pas, et nous le disons avant la commande plutôt qu’après.

Seconde confusion : le permis de conduire. Le permis délivré au titre du Code de la route autorise à circuler sur la voie publique. Il ne dit rien de l’aptitude à conduire un chariot élévateur dans une allée d’entrepôt, ni une pelle sur un talus. Ce sont deux univers séparés, et l’un ne couvre jamais l’autre.

Ce que nous délivrons, c’est ce qui vous permet de fonder votre autorisation de conduite : une formation à la conduite en sécurité, une évaluation théorique et pratique distincte pour chaque participant, et un avis formalisé, famille d’engins par famille d’engins, indiquant si la personne a démontré les capacités attendues. C’est ce document que vous conservez au dossier, et c’est lui qui rend votre autorisation défendable.

Ce que dit la réglementation marocaine

L’interdiction de départ : l’article 287

L’article 287 du Code du travail interdit à l’employeur de permettre à ses salariés l’utilisation d’appareils ou de machines reconnus comme susceptibles de porter atteinte à leur santé ou de compromettre leur sécurité — et il lui interdit également de permettre leur utilisation dans des conditions contraires à celles fixées par voie réglementaire. Un engin conforme conduit par une personne non formée relève exactement de cette seconde branche.

Le décret qui a changé en 2023 — et que beaucoup citent encore périmé

Les conditions d’utilisation des appareils et machines ont longtemps relevé du décret n° 2-12-236 du 25 novembre 2013. Ce décret a été abrogé : le Conseil de gouvernement a adopté le 3 novembre 2022 le décret n° 2-22-630, publié au Bulletin officiel n° 7157 en janvier 2023, qui le remplace.

C’est un point de veille qui sépare les prestataires sérieux des autres : de nombreux programmes, brochures et articles marocains citent encore le décret de 2013 comme texte en vigueur. Vérifiez la référence qu’on vous oppose — si elle date de 2013, votre interlocuteur n’a pas fait sa veille depuis trois ans.

Ce que couvre le nouveau décret, tel que le gouvernement l’a présenté : l’installation, l’utilisation et la maintenance des appareils et machines, les moyens de prévention destinés à protéger les salariés et les biens, l’information et la formation des salariés chargés de manipuler, maintenir et contrôler ces appareils, ainsi que des dispositions sur les installations électriques — contacts direct et indirect, brûlures, incendies, explosions d’origine électrique, et contrôle des installations.

Retenez la troisième mention : la formation des personnes qui manipulent les appareils est nommée dans le décret lui-même. Ce n’est pas une bonne pratique importée, c’est une obligation de droit marocain.

Les vérifications périodiques : l’arrêté n° 1281-18

L’arrêté n° 1281-18 du 15 mars 2018, publié au Bulletin officiel n° 6700 du 16 août 2018, détermine les appareils, machines ou catégories d’appareils et de machines pour lesquels l’employeur procède ou fait procéder à des vérifications générales périodiques, et fixe la périodicité de ces vérifications, leur nature et leur contenu.

Il est complété par l’arrêté n° 1282-18 du 15 mars 2018, qui fixe les conditions et modalités de désignation des organismes qualifiés pour réaliser ces vérifications.

La conséquence pratique est double, et elle est souvent mal comprise : faire vérifier vos engins et former vos conducteurs sont deux obligations distinctes. Un chariot élévateur parfaitement vérifié, conduit par un salarié non formé, vous laisse en défaut. Un conducteur excellemment formé sur un engin dont la vérification est périmée vous laisse également en défaut. Il faut satisfaire les deux, et la formation apprend à tenir les deux calendriers.

Le texte de 1953 qui parle du conducteur

Pour les appareils de levage, l’arrêté viziriel du 9 septembre 1953 reste en vigueur, et il contient l’énoncé marocain le plus proche d’une obligation d’autorisation de conduite. Son article 35 interdit de confier la conduite d’un appareil de levage à des ouvriers que leur ignorance, leur connaissance imparfaite des consignes, leur état de santé ou leurs aptitudes physiques rendent impropres à ces fonctions.

Quatre motifs, et ils dessinent exactement le dossier que vous devez pouvoir présenter : une formation (contre l’ignorance), des consignes connues et vérifiées (contre la connaissance imparfaite), une aptitude médicale (contre l’état de santé), une évaluation pratique (contre les aptitudes physiques). C’est ce dossier que nous vous aidons à constituer.

Deux autres articles du même texte sont à connaître : l’article 34, qui impose de consigner les vérifications sur un registre spécial ; et l’article 36, qui exige que les consignes soient affichées en français et en arabe, dans les emplacements concernés et dans la cabine de manœuvre. Ce dernier point tombe régulièrement en écart lors des audits clients.

La circulation, obligation oubliée

L’arrêté n° 93-08 du 12 mai 2008 ajoute ce qui protège les piétons — c’est-à-dire les vraies victimes :

  • Article 3 — les lieux de travail intérieurs et extérieurs doivent être aménagés de telle façon que la circulation des piétons et des véhicules puisse se faire de manière sûre. C’est le fondement du plan de circulation, et il est rarement invoqué alors qu’il est explicite.
  • Article 1er — les zones comportant des risques de chute d’objets doivent être signalées de manière bien visible et matérialisées par des dispositifs empêchant les travailleurs non autorisés d’y pénétrer.
  • Article 34 — les passages entre machines, mécanismes et outils mus mécaniquement doivent avoir une largeur d’au moins quatre-vingts centimètres, et le sol des salles et des passages doit être nivelé de façon à ne pas causer de glissade.

À qui s’adresse cette formation

  • les caristes et conducteurs de chariots élévateurs frontaux, rétractables, latéraux et transpalettes à conducteur porté ;
  • les conducteurs d’engins de chantier : chargeuses, pelles hydrauliques, tractopelles, tombereaux, compacteurs, niveleuses ;
  • les conducteurs de plates-formes élévatrices mobiles de personnel — nacelles à ciseaux et à bras ;
  • les chefs de manœuvre et guides, dont le rôle est de voir ce que le conducteur ne voit pas, et qui ne sont presque jamais formés ;
  • les chefs de chantier, responsables logistique et responsables HSE qui construisent le plan de circulation, délivrent les autorisations de conduite et tiennent le calendrier des vérifications.

Prérequis

Aucun prérequis de diplôme. Savoir lire les consignes affichées, en français ou en arabe, suffit.

Deux conditions relèvent de vous et doivent être réglées avant la session. L’aptitude médicale d’abord : l’article 35 de l’arrêté viziriel de 1953 vise expressément l’état de santé et les aptitudes physiques, ce qui rend l’avis du médecin du travail indispensable — vision, audition, équilibre, traitements en cours. La disponibilité des engins et d’une aire d’évolution ensuite : l’évaluation pratique se fait sur vos machines, à l’arrêt de production ou sur une plage dégagée, et cela se prépare.

Objectifs pédagogiques

À l’issue de la formation, le participant est capable de :

  • réaliser la vérification avant prise de poste de son engin et refuser de le prendre lorsque la vérification échoue ;
  • lire et appliquer la plaque de charge et l’abaque — le calcul qui décide si la charge passe ou si l’engin bascule ;
  • expliquer les notions de centre de gravité, de point de basculement et de stabilité, en charge et à vide ;
  • circuler en sécurité : vitesse, angles morts, marche arrière, croisement de piétons, dévers, sol meuble, franchissement ;
  • réaliser les manœuvres de base — prise et dépose de charge, gerbage, chargement de camion, mise en place et calage ;
  • communiquer avec un chef de manœuvre et appliquer les gestes de commandement normalisés ;
  • identifier les risques de l’environnement : lignes électriques aériennes, réseaux enterrés, tranchées, piétons, coactivité ;
  • appliquer la procédure de fin de poste et rendre compte de toute anomalie constatée.

Programme

Trois modules, dont la profondeur s’ajuste à la durée retenue et aux familles d’engins visées. Sur une journée, le tronc commun, la vérification avant prise de poste et les règles de circulation sont couverts intégralement. Sur deux journées, le module 3 se déploie avec les manœuvres réelles et l’évaluation pratique individuelle de chaque participant.

Module 1 — L’engin, son cadre et ses limites

  • Les familles d’engins et ce qui les distingue : ce qui vaut pour un chariot ne vaut pas pour une pelle, et un conducteur autorisé sur l’un ne l’est pas sur l’autre.
  • Le cadre marocain : articles 281 et 287 du Code du travail, décret n° 2-22-630, arrêtés n° 1281-18 et n° 1282-18, article 35 de l’arrêté viziriel du 9 septembre 1953. Ce que l’employeur risque — article 293, licenciement du salarié dûment informé qui ne respecte pas les consignes, et amendes de l’article 300.
  • L’autorisation de conduite : ce qu’elle est, qui la signe, sur quoi elle se fonde, ce qu’elle autorise et ce qu’elle interdit. L’erreur la plus fréquente est l’autorisation générique « tous engins », qui ne protège personne.
  • La vérification générale périodique : ce que l’arrêté n° 1281-18 impose, comment tenir le calendrier, et pourquoi le registre de l’article 34 est la première pièce qu’un contrôleur demande.
  • La vérification avant prise de poste, geste par geste : niveaux, pneumatiques et chenilles, fuites, freins, direction, avertisseur sonore, avertisseur de recul, gyrophare, feux, ceinture, protection du conducteur, organes de préhension.
  • Cas pratique — vérification complète d’un engin réel avec fiche de contrôle, et décision motivée de mise ou non en service.

Module 2 — La stabilité, la charge et la circulation

  • Centre de gravité, triangle de sustentation, point de basculement : la physique expliquée avec les mains, puis vérifiée sur l’engin.
  • La plaque de charge et l’abaque : lire la capacité résiduelle en fonction de la hauteur et du déport, et comprendre pourquoi lever plus haut réduit ce qu’on peut porter. Exercices chiffrés sur vos propres engins.
  • Ce qui déstabilise : virage en charge levée, freinage brutal, dévers, sol meuble, bord de fouille, vent sur une nacelle, charge mal arrimée.
  • Le plan de circulation — au titre de l’article 3 de l’arrêté n° 93-08 : séparation des flux piétons et engins, sens de circulation, zones de manœuvre, zones interdites, marquage au sol, miroirs, éclairage et vitesse.
  • Les angles morts, mesurés en séance : on place un participant dans l’angle mort de l’engin et on fait constater au conducteur qu’il ne le voit pas. C’est l’exercice qui marque le plus durablement.
  • Les lignes électriques aériennes et les distances à respecter ; les réseaux enterrés et le repérage préalable.
  • Les gestes de commandement et le rôle du chef de manœuvre : un seul guide, visible, identifié, et un signal d’arrêt que tout le monde peut donner.
  • Cas pratique — tracer le plan de circulation d’une zone réelle de votre site et en discuter en groupe.

Module 3 — Conduire, manœuvrer, rendre compte

  • Conduite en situation : démarrage, circulation à vide et en charge, position de la charge en déplacement, franchissement, pente, marche arrière.
  • Prise et dépose de charge : approche, prise, levage, transport, dépose, gerbage et dégerbage en hauteur.
  • Chargement et déchargement de camion : calage du véhicule, protocole de sécurité, place du chauffeur pendant l’opération — un point qui provoque des accidents graves et évitables.
  • Cas particuliers selon vos engins : travail en tranchée, terrassement en bord de fouille, manœuvre en espace restreint, coactivité avec d’autres engins.
  • Fin de poste : stationnement, abaissement des équipements au sol, frein, coupure, retrait de la clé, et compte rendu écrit des anomalies. Un défaut signalé et non tracé n’a pas été signalé.
  • Conduite à tenir en cas d’incident : basculement — on reste dans la cabine, sanglé — contact avec une ligne électrique, blessure d’un tiers, alerte.
  • Évaluation finale — questionnaire individuel, puis mise en situation pratique évaluée séparément pour chaque participant et chaque famille d’engins visée.

Méthodes pédagogiques

La formation est bâtie sur environ deux tiers de pratique. Les apports théoriques sont courts et systématiquement suivis d’une manipulation : on ne raconte pas la lecture d’un abaque, on la fait sur la plaque de l’engin qui est devant soi.

En intra-entreprise, tout se fait sur vos engins, dans vos allées et sur vos sols réels. C’est là que la formation devient un audit gratuit : nous découvrons régulièrement des avertisseurs de recul hors service, des plaques de charge illisibles, des ceintures inutilisables et des allées où piétons et chariots partagent 1,20 mètre. Ces constats vous sont remis par écrit.

Chaque participant reçoit un support complet, une fiche de vérification avant prise de poste, un modèle d’autorisation de conduite et une planche des gestes de commandement.

À distance, le cadre réglementaire, la stabilité, la lecture d’abaque et l’évaluation écrite se traitent sans perte en classe virtuelle. En revanche, l’évaluation pratique exige une présence physique : nous ne délivrons pas d’avis favorable sur la conduite d’un engin sans avoir vu le geste. Le format mixte est la réponse habituelle — la théorie à distance, une demi-journée sur site pour la conduite et l’évaluation.

Ce qui bouge : un décret neuf, une veille à refaire

Section décisive ici, parce que le socle réglementaire de ce sujet a changé récemment et que le marché ne l’a pas intégré.

Le décret n° 2-22-630, publié au Bulletin officiel n° 7157 en janvier 2023, a remplacé le décret n° 2-12-236 de 2013. Il élargit le champ, traite explicitement l’installation, l’utilisation, la maintenance, la formation des salariés concernés et les installations électriques.

Ce que cela implique concrètement. D’abord, toute documentation interne, tout plan de prévention et toute analyse de conformité qui cite le décret de 2013 comme texte en vigueur est à reprendre — c’est un travail d’une heure, mais personne ne le fait tant que personne ne l’a signalé. Ensuite, les arrêtés de 2018 sur les vérifications périodiques, pris pour l’application du décret abrogé, restent la référence opérationnelle publiée : à ce jour, aucun arrêté nouveau ne les a remplacés. C’est un point que nous suivons et que nous signalons à nos stagiaires, plutôt que de faire comme s’il ne se posait pas.

Enfin, une conséquence de marché : les entreprises qui travaillent pour des donneurs d’ordre internationaux se voient de plus en plus demander un dispositif de type CACES, sans que ce dispositif ait de base légale marocaine. Notre position est constante — nous formons et nous évaluons selon la même logique et le même niveau d’exigence, nous délivrons un avis qui fonde votre autorisation de conduite, et nous vous disons clairement que ce n’est pas un CACES. Vous saurez quoi répondre à votre client.

Renouvellement : tous les cinq ans, et pas seulement

La pratique de référence pour la conduite d’engins est un recyclage tous les cinq ans, plus espacé que pour la plupart des autres formations réglementaires. Ce n’est pas une obligation légale marocaine — il n’en existe aucune — c’est la périodicité admise par la profession et celle qu’exigent la plupart des donneurs d’ordre.

Mais l’autorisation de conduite, elle, doit être réexaminée sans attendre l’échéance lorsque le salarié change de famille d’engins, lorsqu’un engin d’un type nouveau entre sur le site, après une interruption prolongée de la conduite, après un accident, un basculement ou un presque-accident, après un avis médical modifié, et lorsqu’un manquement aux règles de circulation a été constaté. C’est ce que la formation apprend à l’encadrement à repérer.

Financer la formation : CSF, OFPPT et GIAC

Les entreprises marocaines assujetties à la taxe de formation professionnelle peuvent faire prendre en charge une partie du coût de cette formation dans le cadre des Contrats Spéciaux de Formation.

Nous montons le dossier avec vous, de la demande préalable au dossier de remboursement. Le détail du dispositif est expliqué dans notre article dédié : Contrats spéciaux de formation CSF : subvention OFPPT et GIAC.

Modalités pratiques

  • Intra-entreprise — sur votre site, partout au Maroc. Conduite sur vos propres engins. Groupe de 4 à 8 participants par famille d’engins ; au-delà, chaque participant ne dispose plus d’un temps de conduite suffisant pour être évalué sérieusement.
  • Inter-entreprises — sessions organisées à la demande. Nous consulter pour le calendrier.
  • Présentiel, distanciel ou mixte — au choix pour la théorie ; présentiel obligatoire pour la conduite et l’évaluation pratique.
  • Durée — une ou deux journées, décidée avec vous après un échange sur vos engins et vos postes.
  • Programme détaillé, proposition et devis transmis sous 48 heures.

Questions fréquentes

Le CACES est-il obligatoire au Maroc ?

Non. Le CACES est un dispositif français sans valeur réglementaire au Maroc. Ce qui est obligatoire chez nous, c’est que l’employeur ne confie pas la conduite à une personne que son ignorance, sa connaissance imparfaite des consignes, son état de santé ou ses aptitudes physiques rendent impropre — article 35 de l’arrêté viziriel du 9 septembre 1953 — et qu’il assure la formation des salariés chargés de manipuler les appareils, comme le prévoit le décret n° 2-22-630. Un donneur d’ordre peut néanmoins exiger le CACES par contrat : c’est alors une exigence commerciale, pas une exigence légale, et il faut la traiter comme telle.

Un permis de conduire suffit-il pour conduire un chariot élévateur ?

Non, et la confusion est fréquente. Le permis relève du Code de la route et concerne la circulation sur la voie publique. Conduire un chariot dans un entrepôt, c’est gérer une charge en hauteur, un centre de gravité qui se déplace, une visibilité fortement réduite et des piétons à quelques dizaines de centimètres — rien de tout cela n’est enseigné ni évalué pour l’obtention d’un permis. À l’inverse, si vos engins circulent sur la voie publique, le permis correspondant est alors requis en plus.

Une autorisation de conduite « tous engins » est-elle valable ?

C’est l’erreur la plus répandue et la plus facile à démonter. Une autorisation vaut par sa précision : elle nomme la personne, la famille d’engins, et le cas échéant les limitations. Un conducteur excellent sur chariot frontal peut être dangereux sur une nacelle à bras, et il n’a aucune raison de savoir conduire une chargeuse. Une autorisation générique ne dit rien de vérifiable, et elle ne vous protège pas : elle démontre au contraire que la question n’a pas été instruite.

Une journée ou deux journées : comment choisir ?

Une journée suffit pour un recyclage, ou pour un groupe homogène sur une seule famille d’engins avec des conducteurs déjà expérimentés. Deux journées s’imposent dès qu’il y a plusieurs familles d’engins, des conducteurs débutants, ou une évaluation pratique individuelle à conduire sérieusement — chaque participant doit être vu en situation, et cela ne se comprime pas. Nous tranchons ensemble après avoir regardé votre parc et vos postes.

Faut-il former aussi les piétons et les chefs de manœuvre ?

Oui, et c’est le manque le plus coûteux. Les victimes des accidents d’engins sont majoritairement des personnes à pied. Une demi-journée de sensibilisation destinée aux piétons de la zone — règles de circulation, angles morts, comportement à adopter, signal d’arrêt — change davantage la statistique que trois journées supplémentaires données aux conducteurs. Le chef de manœuvre, lui, relève d’une formation propre : il est les yeux du conducteur, et son geste engage la manœuvre.

Nos sous-traitants amènent leurs propres engins. Que devons-nous exiger ?

Le rapport de vérification générale périodique en cours de validité pour chaque engin, l’autorisation de conduite nominative de chaque conducteur, et le respect de votre plan de circulation. Vous êtes chez vous : un engin non vérifié qui entre sur votre site devient votre problème le jour de l’accident. C’est un point que nous traitons avec l’encadrement, et qui rejoint notre service de conformité légale et réglementaire.

La formation dispense-t-elle de faire vérifier les engins ?

Non, et c’est une confusion fréquente. Former des conducteurs et faire vérifier périodiquement les engins sont deux obligations séparées, portées par des textes différents. Les vérifications générales périodiques relèvent de l’arrêté n° 1281-18 du 15 mars 2018, et les organismes qualifiés pour les réaliser de l’arrêté n° 1282-18. Pour les appareils de levage, le sujet est traité en profondeur dans notre formation à la vérification des appareils de levage.

Demander le programme détaillé

Envoyez-nous le nombre de participants, la liste des engins concernés avec leur type et leur capacité, la configuration de votre site et la période souhaitée : nous vous adressons le programme complet et une proposition adaptée sous 48 heures. Si vous ne savez pas comment découper vos groupes, envoyez-nous simplement la liste de vos engins et de vos conducteurs — c’est le travail que nous faisons avec vous.

Contact@qhsemaroc.com

Pour aller plus loin

ABONNER ET RESTER INFORMÉ(E) DE TOUTES LES NOUVEAUTÉS

Magazine récemment publié

Les plus populaires