Votre pont roulant est contrôlé chaque année par un bureau agréé, et entre deux passages personne dans l’atelier ne sait dire si les crochets sont encore bons. La réglementation marocaine ne vous demande pas seulement de faire venir un organisme : elle vous demande de tenir un registre, de vérifier vos accessoires, et de savoir ce qu’il faut regarder. Cette formation donne cette capacité à vos équipes.
| Durée | 1 ou 2 jours, définie avec vous selon le parc d’appareils et le niveau du groupe |
| Public | Techniciens et responsables de maintenance, responsables HSE, chefs d’atelier, élingueurs et chefs de manœuvre, gestionnaires de parc |
| Modalité | En présentiel ou à distance ; l’examen d’appareils réels exige le présentiel |
| Format | Intra-entreprise sur votre site, ou inter-entreprises |
| Langue | Français ou arabe dialectal selon le groupe |
| Référentiel | Arrêté viziriel du 9 septembre 1953 et arrêté du 3 novembre 1953 ; Code du travail, article 281 |
| Sanction | Attestation de fin de formation, après évaluation théorique et pratique, avec avis formalisé transmis à l’employeur sur l’aptitude de chaque participant à conduire les vérifications internes |
Le texte qui fonde cette formation, et que presque personne ne cite
L’article 33 de l’arrêté viziriel du 9 septembre 1953 est explicite : le chef d’établissement doit faire exécuter les épreuves, examens et inspections « par des techniciens qualifiés et spécialisés appartenant soit à l’établissement lui-même, soit à un organisme autorisé à exercer cette activité ».
Autrement dit, la réglementation marocaine reconnaît le vérificateur interne. Elle ne vous oblige pas à externaliser l’ensemble de vos vérifications ; elle vous oblige à ce que celui qui les fait soit qualifié et spécialisé. C’est précisément l’objet de cette formation.
Le même article ajoute une réserve à connaître : l’inspecteur du travail peut prescrire au chef d’établissement de faire procéder à l’épreuve, à l’examen ou à l’inspection de tout ou partie des appareils par un vérificateur ou un organisme agréé, choisi sur la liste dressée par l’administration. Le recours à un bureau agréé n’est donc pas facultatif dans l’absolu : il devient obligatoire dès que l’inspection du travail le demande, et il reste la voie normale pour les épreuves lourdes. La formation apprend à répartir correctement les deux.
Ce que la réglementation marocaine exige exactement
Le cadre repose sur deux textes, complétés par le droit moderne du travail :
- l’arrêté viziriel du 9 septembre 1953 déterminant les mesures particulières de sécurité relatives aux appareils de levage autres que les ascenseurs et monte-charge, publié au Bulletin officiel n° 2142 du 13 novembre 1953 et modifié par l’arrêté du 28 septembre 1955 ;
- l’arrêté du 3 novembre 1953 du directeur du travail et des questions sociales, qui en fixe les conditions de vérification ;
- le Code du travail (loi n° 65-99), article 281, et l’arrêté n° 93-08 du 12 mai 2008 fixant les mesures d’application des articles 281 à 291 ;
- le décret n° 2-12-236 du 25 novembre 2013 fixant les conditions d’utilisation des appareils ou machines susceptibles de porter atteinte à la santé ou à la sécurité des salariés, et l’arrêté n° 1287-18 du 15 mars 2018 relatif à la désignation des organismes qualifiés pour les vérifications générales périodiques.
Les périodicités, telles qu’elles sont écrites
| Examen à fond de l’appareil | Une fois au moins tous les douze mois (art. 32) |
| Chaînes, câbles, cordages, palonniers, crochets de suspension | Une fois au moins tous les douze mois ; en outre avant remise en service après un arrêt lorsque la dernière inspection remonte à plus de trois mois ; et après tout démontage ou modification |
| Épreuves statique et dynamique | Avant mise en service ; après démontage suivi de remontage ; après tout accident provoqué par la défaillance d’un organe essentiel ; après toute réparation ou transformation importante |
| Appareils de chantier fréquemment déplacés | Dispensés d’épreuve à chaque remontage à condition d’être contrôlés au moins tous les six mois |
Les charges d’épreuve sont chiffrées dans le texte : 1,5 fois la charge maximale pour l’épreuve statique, maintenue au moins une heure, et 1,2 fois pour l’épreuve dynamique — valeurs ramenées à 1,33 et 1,1 pour six catégories d’appareils que l’arrêté énumère, dont les palans électriques d’une force maximale de 5 tonnes, les grues sur chenilles, sur pneumatiques ou sur camions, et les élévateurs-gerbeurs mobiles. Savoir dans quelle catégorie tombe votre appareil change la valeur à appliquer : c’est un des exercices de la formation.
Ce sur quoi porte l’examen périodique
L’arrêté du 3 novembre 1953 ne laisse pas le contenu à l’appréciation de chacun. Il énumère les organes à examiner : dispositifs de calage, amarrage et freinage qui immobilisent les appareils sur roues ; freins capables d’arrêter la charge en toute position ; dispositifs contrôlant la descente des charges ; limiteurs de course, de relevage et d’orientation ; poulies de mouflage ; appareils de préhension électromagnétique. L’examen vise l’état de conservation et l’efficacité réelle du fonctionnement.
Les obligations qu’on oublie
- Le registre. L’article 34 impose de consigner sur un registre ou carnet spécial les résultats, les dates, et les noms, qualités et adresses des personnes ayant opéré, chaque appareil y étant décrit avec tous ses accessoires. Un contrôle qui n’est pas consigné n’a pas eu lieu.
- Le délai de quatre jours. Les résultats des vérifications prescrites par l’inspecteur du travail doivent lui être notifiés dans les quatre jours.
- Les consignes en deux langues. L’article 36 exige qu’elles soient affichées en français et en arabe, dans les emplacements concernés et dans la cabine de manœuvre.
- Le marquage des charges. Chaque appareil, et chaque accessoire — élingues, palonniers, crochets — doit porter l’indication du poids maximal qu’il peut soutenir (art. 37).
- L’aptitude du conducteur. L’article 35 interdit de confier la conduite d’un appareil de levage à des ouvriers que leur ignorance, leur connaissance imparfaite des consignes, leur état de santé ou leurs aptitudes physiques rendent impropres à ces fonctions.
À qui s’adresse cette formation
- les techniciens et responsables de maintenance appelés à devenir les vérificateurs internes de l’entreprise ;
- les responsables HSE et QHSE qui doivent bâtir le plan de vérification et prouver qu’il est tenu ;
- les chefs d’atelier et chefs de chantier responsables d’un parc de ponts, potences, palans, grues ou chariots ;
- les élingueurs et chefs de manœuvre, pour la partie contrôle des accessoires — c’est là que se jouent la plupart des ruptures ;
- les entreprises qui préparent un audit client ou une certification et découvrent que leur registre est incomplet.
Prérequis
Aucun prérequis normatif. Une pratique de la maintenance mécanique ou une connaissance du parc de l’entreprise est nettement plus utile qu’une connaissance de la réglementation, qui est reprise depuis le début.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, le participant est capable de :
- identifier les textes applicables à son parc et distinguer ce qui relève de la vérification interne et ce qui relève de l’organisme agréé ;
- établir le plan de vérification de l’entreprise, appareil par appareil, avec les bonnes périodicités ;
- conduire l’examen périodique d’un appareil de levage sur les organes que le texte énumère ;
- examiner les accessoires de levage — élingues textiles, câbles, chaînes, crochets, manilles — et prononcer la mise au rebut sur des critères défendables ;
- calculer une charge d’épreuve statique et dynamique en identifiant correctement la catégorie de l’appareil ;
- tenir le registre de sécurité et rédiger un rapport de vérification exploitable ;
- reconnaître les situations de refus : quand on arrête l’appareil, et comment on le consigne physiquement.
Programme
Trois modules, dont la profondeur s’ajuste à la durée retenue. Sur une journée, le cadre et les accessoires sont traités complètement — c’est le format retenu par les entreprises qui veulent d’abord fiabiliser leurs élingues et leur registre. Sur deux journées, s’ajoutent l’examen complet d’appareils réels de votre parc et la construction du plan de vérification.
Module 1 — Le cadre et le plan de vérification
- Les textes marocains applicables, ce qu’ils disent et ce qu’ils ne disent pas.
- Vérification interne, vérification par organisme agréé, épreuve : trois actes différents, souvent confondus dans un seul devis.
- Les périodicités réelles et leurs déclencheurs — le calendrier n’est pas le seul événement qui ouvre une obligation.
- La liste des bureaux de contrôle agréés : où la trouver, comment lire les arrêtés d’agrément et leurs dates de validité.
- Le registre de sécurité : contenu exigé, forme, conservation, et ce qu’un inspecteur regarde en premier.
- Cas pratique — bâtir le plan de vérification d’un parc réel à partir de son inventaire.
Module 2 — Les accessoires : là où ça casse
- Élingues textiles : lecture de l’étiquette, coefficients selon l’angle des brins, critères de rebut, causes de dégradation invisibles.
- Câbles métalliques : fils rompus, déformations, corrosion, écrasement — compter et décider.
- Chaînes : allongement, déformation de maillon, et l’interdiction formelle de raccourcir par un nœud.
- Crochets, manilles, anneaux : ouverture de bec, déformation, marquage, dispositif anti-décrochage.
- Stockage, identification et retrait effectif du service — un accessoire rebuté qui reste dans l’atelier revient toujours.
- Cas pratique — examen d’un lot d’accessoires réels, décision de maintien ou de rebut, et justification écrite de chaque décision.
Module 3 — L’examen de l’appareil et le rapport
- Méthode d’examen organe par organe, dans l’ordre du texte réglementaire.
- Freins, limiteurs de course, de relevage et d’orientation : comment on vérifie l’efficacité et pas seulement la présence.
- Calage, amarrage, dispositifs anti-dérive et tenue au vent — point critique sur les appareils extérieurs.
- Les charges d’épreuve : identifier la catégorie de l’appareil, calculer, et savoir pourquoi une épreuve ne s’improvise pas.
- Rédiger un rapport de vérification qui tienne devant un auditeur : constats datés, références, décision, suite donnée.
- La conduite des appareils : ce qu’exige l’article 35, et l’articulation avec l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur.
- Évaluation finale — vérification complète d’un appareil, rédaction du rapport, correction commentée.
Méthodes pédagogiques
La formation est bâtie sur environ deux tiers de pratique. En intra-entreprise, les examens se font sur vos propres appareils et vos propres accessoires, et le plan de vérification construit pendant la session est celui que vous appliquerez. Les participants repartent avec un travail réel, pas avec un exemple d’école.
Chaque participant reçoit un support complet, une trame de registre de sécurité, une grille d’examen par type d’appareil et une fiche de critères de rebut des accessoires.
À distance, le cadre réglementaire, le plan de vérification et la tenue du registre se traitent sans perte en classe virtuelle. L’examen d’appareils et d’accessoires réels demande le présentiel : le format mixte — une journée à distance, une demi-journée sur site — est ici le meilleur compromis.
Le marché des organismes agréés a changé : ce qu’il faut savoir
Point d’actualité que la formation intègre, parce qu’il conditionne le choix de votre prestataire pour les vérifications que vous n’assurez pas en interne.
Les agréments sont délivrés par arrêté et ont une durée de validité limitée. Deux cohortes sont valides simultanément à ce jour : celle de l’arrêté n° 2965.25 du 22 décembre 2025, publié au Bulletin officiel n° 7475 du 19 janvier 2026, valable du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027 ; et celle de l’arrêté n° 3190.24 du 19 décembre 2024, publié au Bulletin officiel n° 7368 du 9 janvier 2025, valable du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2026.
Deux conséquences concrètes. D’abord, un agrément expire : un bureau agréé en 2023 ne l’est pas nécessairement aujourd’hui, et un rapport signé par un organisme dont l’agrément a pris fin ne vous couvre pas. Ensuite, le marché s’est fortement élargi et sort désormais de l’axe Casablanca–Mohammedia. Nous tenons la liste à jour : liste des bureaux de contrôle agréés pour la vérification des appareils de levage au Maroc. Vérifier l’agrément de son prestataire avant de le mandater fait partie des réflexes que la formation installe.
Financer la formation : CSF, OFPPT et GIAC
Les entreprises marocaines assujetties à la taxe de formation professionnelle peuvent faire prendre en charge une partie du coût de cette formation dans le cadre des Contrats Spéciaux de Formation.
Nous montons le dossier avec vous, de la demande préalable au dossier de remboursement. Le détail du dispositif est expliqué dans notre article dédié : Contrats spéciaux de formation CSF : subvention OFPPT et GIAC.
Modalités pratiques
- Intra-entreprise — sur votre site, partout au Maroc. Examens sur votre parc réel. Groupe de 6 à 12 participants.
- Inter-entreprises — sessions organisées à la demande. Nous consulter pour le calendrier.
- Présentiel, distanciel ou mixte — au choix ; le mixte s’impose dès que l’examen doit porter sur vos appareils.
- Durée — une ou deux journées, décidée avec vous après un échange sur la composition de votre parc.
- Programme détaillé, proposition et devis transmis sous 48 heures.
Questions fréquentes
Cette formation dispense-t-elle de faire appel à un bureau de contrôle agréé ?
Non, et il faut être clair là-dessus. L’article 33 autorise la vérification par des techniciens qualifiés de l’établissement, mais l’inspecteur du travail peut à tout moment prescrire le recours à un organisme agréé, et les épreuves réglementaires restent leur domaine. Ce que la formation change, c’est que vous cessez de découvrir un défaut le jour de la visite annuelle : vos équipes tiennent le parc entre deux passages, le registre est à jour, et la visite se passe mieux.
Nous faisons déjà contrôler nos ponts chaque année. Que gagnons-nous ?
La visite annuelle constate l’état d’un appareil un jour donné. Elle ne dit rien des onze mois suivants, ni de vos élingues achetées entre-temps, ni des accessoires remis en service après un arrêt. Or ce sont les accessoires qui cassent le plus. Vous gagnez la continuité, et un registre qui tient devant un client auditeur.
Faut-il un vérificateur par site ?
Au minimum une personne formée par site disposant d’appareils, et de préférence deux — les absences, les congés et les départs sont la première cause d’interruption d’un plan de vérification. Sur un site à parc important, un binôme maintenance et HSE fonctionne bien : l’un connaît les machines, l’autre tient la traçabilité.
Formez-vous aussi les conducteurs d’appareils ?
C’est une formation distincte, avec un objectif différent : l’article 35 vise l’aptitude à conduire, pas l’aptitude à vérifier. Les deux se combinent bien sur un même site et nous les organisons souvent à la suite. Nos analyses de risque publiées donnent un aperçu de l’approche : conduite du chariot élévateur, activité de circulation.
Comment cette formation s’inscrit-elle dans une démarche ISO 45001 ?
Le plan de vérification est un élément de maîtrise opérationnelle, et le registre est une preuve de conformité réglementaire — deux exigences qu’un auditeur ISO 45001 examine systématiquement. Beaucoup d’entreprises enchaînent les deux sujets : voir notre formation ISO 45001, et notre recueil de la réglementation SST et environnement au Maroc.
Et le risque électrique sur les appareils de levage ?
Il est traité dans le module 3 pour ce qui concerne l’examen : mise à la terre des masses, protection des pièces nues, interrupteur de coupure générale — l’arrêté de 1953 y consacre un titre entier. Pour les interventions elles-mêmes sur ces circuits, l’habilitation est requise : voir notre formation habilitation électrique.
Demander le programme détaillé
Envoyez-nous l’inventaire sommaire de votre parc — types d’appareils, capacités, nombre de sites — le nombre de participants et la période souhaitée : nous vous adressons le programme complet et une proposition adaptée sous 48 heures.
Contact@qhsemaroc.com
Pour aller plus loin
- Liste des bureaux de contrôle agréés au Maroc — mise à jour à chaque nouvel arrêté d’agrément.
- Analyse de risque du chariot élévateur : chargement et déchargement
- Conformité légale et réglementaire — l’accompagnement, quand la mise à niveau dépasse la formation.
- Formation habilitation électrique — pour les interventions sur les circuits des appareils.
- Formation secourisme au travail
- Toutes nos formations QHSE
- Réglementation QHSE au Maroc — toutes les échéances et tous les textes en vigueur

