Vos électriciens travaillent depuis des années sans incident, et vous ne sauriez pas quoi présenter à un inspecteur du travail qui vous demanderait sur quelle base ils sont autorisés à intervenir. C’est le cas de la plupart des entreprises marocaines. L’habilitation électrique n’est pas un diplôme qui s’achète : c’est une décision que vous prenez, et cette formation vous donne ce sur quoi la fonder.
| Durée | 1 ou 2 jours, définie avec vous selon le niveau du groupe, les symboles visés et votre besoin |
| Public | Électriciens de maintenance, techniciens d’intervention, personnel non électricien travaillant en environnement électrique, chargés d’exploitation, encadrants |
| Modalité | En présentiel ou à distance ; les mises en situation sur ouvrage exigent le présentiel |
| Format | Intra-entreprise sur votre site, ou inter-entreprises |
| Langue | Français ou arabe dialectal selon le groupe |
| Référentiel | Norme marocaine NM 06.1.225 ; NF C 18-510 (janvier 2012), amendement A2 du 14 juin 2023 ; cadre légal : arrêté viziriel du 28 juin 1938 et article 281 du Code du travail |
| Sanction | Attestation de fin de formation, évaluation théorique et pratique, et avis formalisé transmis à l’employeur pour chaque participant et chaque symbole visé |
Ce que cette formation délivre — et ce qu’elle ne délivre pas
Le point mérite d’être posé d’emblée, parce que beaucoup de programmes entretiennent la confusion. Aucun organisme de formation n’habilite qui que ce soit. L’habilitation est un acte de l’employeur : c’est vous qui, connaissant le poste, les installations et l’agent, décidez de l’autoriser à accomplir certaines opérations, et c’est vous qui signez le titre d’habilitation.
Ce que nous délivrons, c’est ce qui vous permet de prendre cette décision sans l’improviser : une formation au risque électrique, une évaluation théorique et pratique distincte pour chaque participant, et un avis formalisé, symbole par symbole, qui indique si la personne a démontré les capacités attendues. C’est ce document que vous conservez au dossier, et c’est lui qui rend votre titre d’habilitation défendable.
Une formation qui vous promet de « rendre vos agents habilités » vous vend une chose qu’elle ne peut pas produire — et vous laisse sans la seule pièce qui vous serait utile en cas de contrôle ou d’accident.
Aller plus loin : la certification IMANOR des compétences
Il existe au Maroc une voie supplémentaire, encore peu connue. L’IMANOR, l’Institut Marocain de Normalisation, opère un schéma de certification des compétences en matière d’habilitation électrique, fondé sur la norme NM 06.1.225 et sur la loi 12-06 relative à la normalisation, à la certification et à l’accréditation.
Ce schéma a été mis en place à la demande de l’ONEE-Branche Électricité, dans un but que l’institut énonce clairement : crédibiliser les titres d’habilitation que les employeurs délivrent à leurs salariés, notamment pour obtenir l’agrément de l’Office et des régies. Autrement dit, la certification ne remplace pas votre titre d’habilitation — elle en atteste le sérieux auprès d’un tiers.
Si vous intervenez pour l’ONEE, pour une régie de distribution, ou si un donneur d’ordre exige une preuve externe du niveau de vos équipes, c’est le chemin à connaître. La demande se fait auprès du département Certification de l’IMANOR. Notre formation prépare à ce niveau d’exigence ; nous vous orientons vers l’institut lorsque votre besoin le justifie.
Ce que dit la réglementation marocaine
Le texte fondateur est ancien et toujours en vigueur : l’arrêté viziriel du 28 juin 1938 concernant la protection des travailleurs dans les établissements qui mettent en œuvre des courants électriques. Il est complété par l’arrêté du 28 décembre 1951, puis encadré par le Code du travail (loi n° 65-99), dont l’article 281 impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la sécurité et la santé des salariés, et par l’arrêté n° 93-08 du 12 mai 2008 qui fixe les mesures d’application des articles 281 à 291.
Deux autres textes concernent la vérification des installations elles-mêmes, à ne pas confondre avec la formation des personnes : l’arrêté du 31 décembre 1951 fixant la périodicité des vérifications des installations électriques, et l’arrêté du 2 janvier 1952 déterminant les conditions d’agrément des organismes qui les réalisent. Vérifier une installation et habiliter un intervenant sont deux obligations distinctes ; il faut satisfaire les deux.
Le point que peu de programmes disent : il existe une norme marocaine. La NM 06.1.225, « Opérations sur les ouvrages et installations électriques et dans un environnement électrique — prévention du risque électrique », est la norme marocaine de référence. Beaucoup de programmes disponibles au Maroc ne citent que la norme française NF C 18-510 — dont la NM reprend la logique et le système de symboles, et qui reste la référence technique la plus détaillée. Notre formation s’appuie sur les deux : la norme marocaine parce que c’est celle du pays, la norme française pour la profondeur de ses prescriptions.
À qui s’adresse cette formation
- les électriciens de maintenance et techniciens d’intervention qui consignent, mesurent, dépannent ou remplacent des matériels sous ou hors tension ;
- le personnel non électricien — mécaniciens, peintres, agents d’entretien, magasiniers, personnel de nettoyage — appelé à travailler à proximité d’ouvrages électriques ;
- les chargés d’exploitation et chargés de consignation, qui portent la responsabilité des accès aux installations ;
- les encadrants et responsables HSE qui doivent construire le dispositif d’habilitation de l’entreprise et le tenir à jour.
Prérequis
Pour les symboles d’ordre électrique (B1, B2, BR, BC et leurs équivalents haute tension), une formation ou une expérience professionnelle en électricité est indispensable : la formation à la prévention du risque électrique n’enseigne pas l’électricité, elle enseigne à travailler en sécurité sur ce qu’on sait déjà faire.
Pour les symboles d’ordre non électrique (B0, H0, H0V) et pour les interventions élémentaires, aucun prérequis technique n’est exigé. Savoir lire les consignes affichées, en français ou en arabe, suffit.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, le participant est capable de :
- expliquer les effets du courant sur le corps humain et reconnaître les situations qui produisent un contact direct, un contact indirect ou un arc électrique ;
- identifier les domaines de tension et les zones d’environnement qui déterminent ce qu’il a le droit de faire et où il doit s’arrêter ;
- lire un titre d’habilitation, en comprendre les limites et refuser une opération qui en sort ;
- appliquer les étapes de la consignation — séparation, condamnation, identification, vérification d’absence de tension, mise à la terre et en court-circuit lorsqu’elle s’impose ;
- utiliser les équipements de protection adaptés et vérifier leur état avant emploi ;
- appliquer la conduite à tenir en cas d’accident d’origine électrique ou d’incendie sur un ouvrage électrique ;
- pour les chargés de travaux et d’intervention : organiser une opération, délivrer et recevoir les documents d’échange, surveiller les exécutants.
Programme
Trois modules, dont la profondeur s’ajuste à la durée retenue et aux symboles visés. Sur une journée, le tronc commun et les symboles non électriques sont couverts intégralement. Sur deux journées, les modules 2 et 3 se déploient avec leurs manœuvres réelles sur armoire pédagogique ou sur vos propres installations.
Module 1 — Le risque et son cadre
- Ce qui blesse et ce qui tue : électrisation, électrocution, brûlure par arc, chute consécutive à un choc. Statistiques et scénarios réels.
- Domaines de tension, ouvrages, installations, environnement : le vocabulaire qui structure tout le reste.
- Contact direct, contact indirect, court-circuit, arc : quatre mécanismes, quatre familles de mesures.
- Les zones d’environnement et les distances : où commence l’obligation, où s’arrête l’autorisation.
- Le cadre marocain — article 281 du Code du travail, arrêté viziriel de 1938 — la norme NM 06.1.225 et son articulation avec la NF C 18-510.
- Cas pratique — analyser trois situations photographiées en entreprise et dire, pour chacune, qui peut intervenir et sous quel symbole.
Module 2 — Les symboles et le titre d’habilitation
- Lire un symbole : le domaine de tension, le rôle tenu, l’attribut. Ce que recouvrent B0, H0, H0V, B1, B1V, B2, B2V, BR, BC, BE et HE.
- Le titre d’habilitation : ce qu’il autorise, ce qu’il interdit, les mentions complémentaires, la signature de l’employeur et celle du titulaire.
- Rôles et responsabilités : employeur, chargé d’exploitation, chargé de consignation, chargé de travaux, chargé d’intervention, exécutant, surveillant.
- Les documents d’échange : attestation de consignation, avis de fin de travaux, autorisation de travail — qui les signe, qui les conserve.
- Choisir le bon symbole pour un poste réel : l’erreur la plus fréquente est de sur-habiliter, ce qui expose l’agent et l’entreprise.
- Cas pratique — construire la grille d’habilitation d’un service de maintenance, poste par poste.
Module 3 — Les opérations, en situation
- La consignation pas à pas, et la vérification d’absence de tension faite comme il faut — le geste le plus souvent bâclé.
- La mise à la terre et en court-circuit : quand elle est obligatoire, comment on la pose et dans quel ordre on la retire.
- Manœuvres, mesurages, essais, vérifications : quatre opérations spécifiques, quatre habilitations distinctes.
- Les équipements de protection individuelle et collective : choix, contrôle avant usage, limites d’emploi, et ce qui rend un gant hors service.
- Le voisinage : travailler près d’un ouvrage sans intervenir dessus — le cas du personnel non électricien, sous-estimé et fréquemment accidenté.
- Conduite à tenir en cas d’accident électrique et en cas d’incendie sur un ouvrage électrique.
- Évaluation finale — questionnaire individuel, puis mise en situation pratique évaluée séparément pour chaque symbole visé.
Méthodes pédagogiques
La formation est bâtie sur environ deux tiers de pratique. Les apports théoriques sont courts et systématiquement suivis d’une manipulation. En intra-entreprise, les mises en situation se font sur vos propres armoires et vos propres procédures de consignation : les participants s’entraînent sur ce qu’ils retrouveront le lendemain.
Chaque participant reçoit un support complet, un modèle de titre d’habilitation, un modèle d’attestation de consignation et une grille d’aide au choix des symboles.
À distance, la partie théorique et l’évaluation écrite se tiennent en classe virtuelle sans perte. En revanche, l’évaluation pratique exige une présence physique : nous ne délivrons pas d’avis favorable sur un symbole d’ordre électrique sans avoir vu le geste. Le format mixte est la réponse habituelle — la théorie à distance, une demi-journée sur site pour les manœuvres et l’évaluation.
Ce qui bouge sur le référentiel : la NF C 18-510 entre en réexamen
Section rarement tenue à jour dans les programmes disponibles au Maroc, et pourtant décisive pour qui prévoit un plan de formation sur deux ou trois ans.
Côté marocain, la référence est la NM 06.1.225, adossée au schéma de certification IMANOR décrit plus haut. Côté technique, la NF C 18-510 a été publiée le 21 janvier 2012 et confirmée par l’AFNOR le 31 août 2022. Elle a depuis été complétée par ses amendements, le plus récent — l’amendement A2 — ayant été publié le 14 juin 2023. C’est cette version consolidée qui sert de référence à la formation.
Le point à connaître : l’AFNOR a programmé le réexamen systématique de la NF C 18-510 pour janvier 2027. Un réexamen peut confirmer, réviser ou annuler une norme ; rien n’est joué. Mais les travaux en cours dans la profession portent sur des sujets qui n’existaient pas en 2012 et qui arrivent en force au Maroc : installations photovoltaïques, systèmes de stockage par batteries, bornes de recharge de véhicules électriques.
Ce que cela implique concrètement : une habilitation délivrée aujourd’hui reste valable, et il n’y a aucune raison d’attendre. Mais une entreprise qui installe des panneaux photovoltaïques ou une flotte électrique doit savoir que le champ couvert par les symboles classiques ne suffit plus, et prévoir dès maintenant les compléments correspondants. Nous traitons ce point dans la formation lorsque votre installation le justifie.
Renouvellement : tous les trois ans, et pas seulement
La pratique de référence est un recyclage tous les trois ans. Ce n’est pas une obligation légale marocaine, c’est la périodicité admise et celle qu’exigent la plupart des donneurs d’ordre.
Mais la date n’est pas le seul déclencheur. L’habilitation doit être réexaminée sans attendre l’échéance lorsque le poste de l’agent change, lorsque les installations sont modifiées ou étendues, après une interruption prolongée d’activité, après un accident ou un incident électrique, et lorsqu’un manquement aux règles de sécurité a été constaté. C’est ce que la formation apprend à l’encadrement à repérer.
Financer la formation : CSF, OFPPT et GIAC
Les entreprises marocaines assujetties à la taxe de formation professionnelle peuvent faire prendre en charge une partie du coût de cette formation dans le cadre des Contrats Spéciaux de Formation.
Nous montons le dossier avec vous, de la demande préalable au dossier de remboursement. Le détail du dispositif est expliqué dans notre article dédié : Contrats spéciaux de formation CSF : subvention OFPPT et GIAC.
Modalités pratiques
- Intra-entreprise — sur votre site, partout au Maroc. Mises en situation sur vos installations. Groupe de 6 à 12 participants ; au-delà, l’évaluation pratique individuelle n’est plus tenable dans la durée.
- Inter-entreprises — sessions organisées à la demande. Nous consulter pour le calendrier.
- Présentiel, distanciel ou mixte — au choix pour la théorie ; présentiel obligatoire pour l’évaluation pratique des symboles d’ordre électrique.
- Durée — une ou deux journées, décidée avec vous après un échange sur les symboles visés et le niveau du groupe.
- Programme détaillé, proposition et devis transmis sous 48 heures.
Questions fréquentes
Une journée ou deux journées : comment choisir ?
Une journée suffit pour un groupe homogène visant les symboles non électriques (B0, H0, H0V) ou pour un recyclage. Deux journées s’imposent dès qu’il y a des symboles d’ordre électrique à évaluer — B1, B2, BR, BC — parce que chaque participant doit être vu en situation, et qu’une évaluation pratique individuelle sérieuse ne se comprime pas. Nous tranchons ensemble après avoir regardé votre grille de postes ; c’est le premier point de l’échange.
Faut-il former le personnel non électricien ?
Oui, et c’est le manque le plus courant. Un mécanicien qui intervient dans un local électrique, un peintre qui travaille près d’une armoire ouverte, un agent de nettoyage : tous relèvent d’une habilitation B0 ou H0. Les accidents en environnement électrique frappent régulièrement des personnes qui ne se croyaient pas concernées, précisément parce qu’elles ne sont pas électriciennes.
Que se passe-t-il si un participant échoue à l’évaluation ?
Nous émettons un avis défavorable motivé sur le symbole concerné, et nous vous disons ce qui manque : une lacune technique, un geste à reprendre, ou un symbole visé trop élevé pour le poste réel. Un avis complaisant ne rend service à personne — surtout pas à vous, qui signeriez le titre d’habilitation. Le participant peut être réévalué après remise à niveau.
Nos sous-traitants doivent-ils être habilités ?
Chaque employeur habilite son propre personnel : vous n’habilitez pas les salariés d’un prestataire. En revanche il vous revient de vérifier que les intervenants extérieurs détiennent les titres correspondant aux opérations que vous leur confiez, et de le tracer. C’est un point que nous traitons avec l’encadrement, et qui rejoint notre service de conformité légale et réglementaire.
L’habilitation dispense-t-elle de faire vérifier les installations ?
Non, et c’est une confusion fréquente. Habiliter des personnes et faire vérifier périodiquement les installations sont deux obligations séparées, portées par des textes différents. La vérification des installations électriques relève de l’arrêté du 31 décembre 1951 et se confie à un organisme agréé au titre de l’arrêté du 2 janvier 1952. La même logique vaut pour les équipements : voir notre formation à la vérification des appareils de levage.
Comment cette formation s’articule-t-elle avec un système ISO 45001 ?
Elle en constitue une brique : l’identification du risque électrique alimente l’analyse des risques, et le dispositif d’habilitation est exactement le type de maîtrise opérationnelle qu’un auditeur viendra vérifier. Les entreprises qui structurent leur démarche combinent souvent les deux — voir notre formation ISO 45001.
Demander le programme détaillé
Envoyez-nous le nombre de participants, les symboles envisagés, votre secteur d’activité et la période souhaitée : nous vous adressons le programme complet et une proposition adaptée sous 48 heures. Si vous ne savez pas quels symboles viser, envoyez-nous simplement la liste des postes concernés — c’est le travail que nous faisons avec vous.
Contact@qhsemaroc.com
Pour aller plus loin
- Recueil de la réglementation SST et environnement au Maroc — le cadre légal complet dans lequel s’inscrit l’obligation.
- Les dangers physiques : des exemples concrets — le risque électrique parmi les autres.
- Établir une culture de sécurité au travail — parce qu’un titre d’habilitation ne remplace pas une culture de prévention.
- Formation ATEX — quand le risque électrique croise un risque d’explosion.
- Formation secourisme au travail
- Toutes nos formations QHSE
- Réglementation QHSE au Maroc — toutes les échéances et tous les textes en vigueur

