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Installations de traitement des déchets dangereux autorisées au Maroc

Mis à jour le 08/09/2026

Remettre vos déchets dangereux à une installation non autorisée vous expose à une amende pouvant atteindre un million de dirhams — et vous rend solidairement responsable des dommages qu’ils causeront. Ce n’est pas le transporteur qui est visé : c’est vous, le générateur. Voici les trente-huit installations autorisées à traiter les déchets dangereux au Maroc, ce qu’elles traitent réellement, et comment vérifier en une minute que la vôtre est du bon côté.

Réponse directe

Le département de l’Environnement autorise 38 installations à traiter les déchets dangereux sur le territoire marocain. Elles sont listées plus bas, avec leur ville et leur type de déchet.

Mais le chiffre le plus utile n’est pas 38. C’est 17 : dix-sept de ces trente-huit installations ne traitent que les déchets médicaux et pharmaceutiques. Et cinq : cinq seulement portent la mention générique « déchets dangereux ». Toutes les autres ont un périmètre étroit — PCB, batteries, huiles usagées, eaux hydrocarburées, D3E, catalyseurs, véhicules hors d’usage.

« Autorisée » ne veut donc jamais dire « autorisée pour votre déchet ». C’est la seule chose que cette page vous demande de retenir.

Ce que vous risquez, personnellement

La loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination ne se contente pas d’organiser la filière : elle sanctionne le générateur qui ne vérifie pas.

Article 74 Remettre des déchets dangereux à une personne ou à une installation non autorisée en vue de leur traitement, valorisation, incinération, stockage ou élimination : amende de 10 000 à 1 000 000 de dirhams et emprisonnement de 1 mois à 1 an, ou l’une de ces deux peines seulement.
Article 34 Celui qui dépose ou fait déposer des déchets dangereux auprès d’une personne non autorisée est solidairement responsable avec elle de tout dommage causé par ces déchets.
Article 70 Dépôt, rejet, enfouissement, stockage, traitement ou incinération de déchets dangereux hors des endroits désignés : 10 000 à 2 000 000 de dirhams et 6 mois à 2 ans.
Article 36 Quiconque produit, collecte, transporte, stocke ou élimine des déchets dangereux doit disposer d’un contrat d’assurance couvrant sa responsabilité professionnelle.

La responsabilité solidaire de l’article 34 mérite qu’on s’y arrête. Elle signifie que le dommage causé par vos déchets après leur départ de chez vous peut vous être réclamé à vous, sans que la victime ait à démêler qui a fait quoi. Le bon de sortie signé ne vous protège pas ; l’autorisation du destinataire, oui.

L’obligation, telle qu’elle est écrite

Le décret n° 2-14-85 du 20 janvier 2015 relatif à la gestion des déchets dangereux est explicite. Son article 18 impose à l’expéditeur, avant toute expédition :

« s’assurer que le destinataire exploite une décharge contrôlée de classe 3 ou une installation de stockage des déchets dangereux ou une installation spécialisée de traitement de ces déchets en vue de leur élimination ou de leur valorisation dûment autorisée pour la ou les opérations prévues. »

Les six derniers mots font tout le travail. L’obligation ne porte pas sur l’existence d’une autorisation, mais sur son adéquation : autorisée pour vos opérations, pour votre type de déchet. Une installation parfaitement en règle pour les déchets médicaux ne vous couvre pas si vous lui confiez des huiles usagées.

Et l’article 29 de la loi 28-00 ferme la porte en amont : les déchets dangereux ne peuvent être traités que dans des installations spécialisées désignées par l’administration et autorisées.

Cinq ans — et six mois avant l’échéance

L’article 26 du décret fixe la durée de vie de cette autorisation :

« L’autorisation d’installation spécialisée de traitement des déchets dangereux a une durée de validité de cinq (5) ans. Cette validité peut être prorogée, à la demande de son bénéficiaire, pour des périodes équivalentes, suite à une visite de conformité sur place de l’installation lorsque : 1) la demande de maintien de l’autorisation a été déposée au moins six (6) mois avant la date d’expiration […] ; 2) les conclusions du rapport de la visite de conformité sont favorables ; 3) l’autorisation n’a pas fait l’objet d’une suspension […] ; 4) le bénéficiaire a respecté ses obligations d’information […]. »

La nuance avec l’autre autorisation de la filière vaut d’être notée. Celle de collecte et transport est accordée, selon l’article 30 de la loi 28-00, pour une période maximale de cinq ans — elle peut donc être plus courte. Celle de l’installation de traitement a une durée fixe de cinq ans. Dans les deux cas, une autorisation valable l’an dernier peut ne plus l’être aujourd’hui.

Le décret prévoit aussi ce qui arrive quand ça se passe mal : visites régulières (article 27), puis en cas de non-conformité une suspension de six mois maximum et, si rien n’est corrigé, le retrait de l’autorisation — les déchets stockés devant alors être transférés aux frais et risques de l’exploitant (article 28).

Les 38 installations autorisées

Liste du département de l’Environnement, telle que servie le 8 septembre 2026.

Installation Ville Type de déchets
1 Maroc Maintenance Environnement Casablanca PCB
2 Geocycle Maroc Settat Déchets dangereux
3 Sel Safaa Salé Bouknadel Huiles usagées
4 Afrique Câbles Route Tit Mellil, Casablanca Batteries usagées
5 CIMAT — Ciments de l’Atlas Settat Huiles usagées
6 Sertego TGMD Tanger Eaux hydrocarburées
7 Sonasid Nador Huiles usagées
8 Marru Déchets Laâyoune Eaux hydrocarburées
9 Samab MA Casa Casablanca Batteries usagées
10 LafargeHolcim Maroc — cimenterie de Settat Settat Déchets souillés
11 Aqua Flore Protect Agadir Eaux hydrocarburées
12 Athisa Maroc SARL Bouskoura, Casablanca Déchets médicaux et pharmaceutiques
13 Chimirec Maroc SARL Kénitra Déchets dangereux
14 Logi Pro Bouskoura D3E / déchets dangereux
15 Jas-Tym Company SARL Laâyoune Déchets médicaux et pharmaceutiques
16 Lubo SARL Nador Huiles usagées / huiles mazouteuses
17 Sonasid Jorf Lasfar El Jadida Déchets métalliques souillés, huiles usagées
18 Tozone Dasri SARL Témara Déchets médicaux et pharmaceutiques
19 Mega Traitement Agadir Eaux hydrocarburées
20 Saiss Environnement Fès Déchets médicaux et pharmaceutiques
21 Greenly Ouarzazate Déchets médicaux et pharmaceutiques
22 Ecoes SAR Skhirat Skhirat Déchets médicaux et pharmaceutiques
23 Maroc Dasri Berrechid Déchets médicaux et pharmaceutiques
24 Athisa Maroc Tétouan Déchets médicaux et pharmaceutiques
25 Pro Best Multiservices SARL Oujda Déchets médicaux et pharmaceutiques
26 Energy Green Solution El Jadida Déchets pétroliers (huiles et hydrocarbures)
27 Veos/DD Skhirat Déchets médicaux et pharmaceutiques
28 Alliance Environnement Route Tit Mellil, Casablanca Déchets médicaux et pharmaceutiques
29 Newtrol Khémisset Huiles usagées
30 Coval Recyclage Casablanca D3E
31 LafargeHolcim Maroc — cimenterie de Bouskoura Casablanca Déchets dangereux
32 Marmet Casablanca D3E
33 Green Box Skhirat Déchets médicaux et pharmaceutiques
34 Catber Berrechid Déchets dangereux (véhicules hors d’usage)
35 Maribat Casablanca Accumulateurs au plomb / déchets dangereux
36 Novochem Maroc Safi Catalyseurs usés
37 Med Waste Casablanca Déchets médicaux et pharmaceutiques
38 Polluclean Mohammedia Déchets dangereux

Ce que cette liste ne vous dit pas

Elle n’est pas datée. Le document publié par le département de l’Environnement ne porte ni date d’édition, ni numéro de version. Nous l’avons relevée telle qu’elle était servie le 8 septembre 2026 — c’est la seule date que nous puissions honnêtement écrire. L’horodatage du fichier sur le serveur ne dit rien de plus : il est identique, à la seconde près, à celui d’un autre document du même site, ce qui trahit une remise en ligne groupée et non une date d’édition.

Elle ne porte aucune date d’autorisation ni d’expiration. Alors même que l’article 26 fixe une validité de cinq ans, la liste ne permet pas de savoir où en est chaque installation. La présence sur cette liste n’est donc pas une preuve que l’autorisation est en cours de validité — demandez la décision d’autorisation elle-même, datée et nominative.

Elle ne dit pas non plus l’étendue exacte du périmètre. Une mention comme « déchets dangereux » ou « D3E » résume une portée qui, dans la décision d’autorisation, est précise. En cas de doute sur un déchet particulier, c’est la décision qui tranche, pas cette colonne.

Nous avons normalisé l’orthographe et les accents, irréguliers dans la source, et conservé les raisons sociales telles qu’elles y figurent. Le document officiel fait foi.

Ce que la carte des 38 révèle

Le déchet médical est bien couvert, l’industriel beaucoup moins. Dix-sept installations sur trente-huit sont dédiées aux déchets médicaux et pharmaceutiques. Un producteur de déchets industriels dispose donc d’une offre réelle bien plus étroite que le chiffre de 38 ne le laisse croire.

Le traitement est spécialisé, pas généraliste. Cinq installations seulement portent la mention générique « déchets dangereux » : Geocycle Maroc, Chimirec Maroc, LafargeHolcim Bouskoura, Catber et Polluclean. Toutes les autres sont attachées à une famille de déchets.

La concentration géographique est forte. Casablanca et sa périphérie dominent nettement, devant Settat et Skhirat. Pour certaines catégories, des régions entières n’ont aucune installation — ce qui allonge le transport, et donc le coût et le risque.

Vérifier avant d’expédier : quatre questions

  1. Votre déchet correspond-il au périmètre de l’installation ? Pas à son intitulé général : à la portée écrite dans sa décision d’autorisation.
  2. L’autorisation est-elle en cours de validité ? Cinq ans, et la liste ne les date pas. Demandez la décision, et regardez sa date.
  3. Le renouvellement a-t-il été demandé à temps ? Si l’échéance approche, la demande devait être déposée six mois avant.
  4. Le transporteur est-il, lui aussi, autorisé ? Ce sont deux autorisations distinctes, souvent détenues par deux entreprises différentes.

Ces quatre réponses tiennent dans deux documents que tout prestataire sérieux transmet sans difficulté. Un prestataire qui répond « nous sommes sur la liste du ministère » ne répond à aucune des quatre.

Pour aller plus loin

Le pendant de cette page, côté amont, est notre liste des sociétés autorisées pour la collecte et le transport des déchets dangereux — 107 sociétés, avec les obligations de l’expéditeur et le bordereau de suivi. Une chaîne conforme suppose les deux : un transporteur autorisé et une installation autorisée.

Sur la distinction entre les régimes d’habilitation — agrément, accréditation, certification — et la façon de vérifier qu’un organisme l’est vraiment, voir notre article sur les organismes agréés au Maroc. Les textes cités ici figurent avec leur référence complète dans notre recueil de la réglementation SST et environnement, et la vue d’ensemble des obligations est sur notre page réglementation QHSE au Maroc.

Une installation manquante, une autorisation que vous savez expirée, une correction à apporter ? Écrivez-nous à contact@qhsemaroc.com — les contributions documentées sont les bienvenues, et créditées.

Textes lus à la source le 8 septembre 2026 : décret n° 2-14-85 du 20 janvier 2015 (Bulletin officiel n° 6336 du 19 février 2015) et loi n° 28-00 dans sa version consolidée publiée par le Secrétariat général du gouvernement. Statut vérifié au sommaire du Bulletin officiel : aucune abrogation ni modification à cette date. Un texte peut évoluer après cette date : en cas d’enjeu, revérifiez à la source.

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